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Les coliques équines : causes, symptômes et conseils de prévention

Les coliques se retrouvent chez les chevaux du monde entier. Cependant il existe certains facteurs de risques. En effet, on a observé qu’elles étaient plus fréquentes chez les chevaux arabes que les chevaux de courses. Les chevaux avec un apport inconstant en eau sont également plus sensibles que ceux avec un accès illimité (Reeves et al., 1996; Curtis et al., 2019). Ce risque augmenté est aussi observé chez les chevaux recevant des grains de maïs entiers, les chevaux avec problèmes dentaires sévères, ceux avec des comportements stéréotypés ou encore ayant reçus un antihelminthique dans les 6 mois (Salem et al., 2017). Les chevaux vermifugés régulièrement y sont, eux, moins sujets (Reeves et al., 1996; Curtis et al., 2019). On retrouve aussi un effet de l’âge, de la nourriture et de la personne s’occupant des chevaux (Reeves et al., 1996; Curtis et al., 2019).  
Sick horse
Sick horse

Bien qu’en parlant de colique, on pense principalement aux causes digestives, Cette douleur peut être causée par diverses pathologies. Il ne faut donc pas oublier les douleurs abdominales liées au système rénal, urinaire, reproducteur et bien d’autres. Les coliques digestives peuvent être classées selon leur cause, l’organe cible et leur durée. Dans ces causes nous retrouvons les obstructions simples (spasmes, gaz, impaction, sable, entérolithes et vers), les obstructions étranglées (du petit ou gros intestin, un entrappement dans le foramen épiploïque, un entrappement dans un trou mésentérique ou encore le lipome pédonculé), les infarctus non étranglés et finalement les ulcérations ou maladies inflammatoires (telles que les ulcères, l’entérite ou la colite). L’organe cible peut être l’estomac, le petit intestin, le colon ou le caecum. Pour l’estomac nous avons les fameux ulcères gastriques, l’impaction (accumulation d’aliment) ou la dilatation de l’estomac. Au niveau du petit intestin, il est possible de retrouver du tympanisme (gaz), une impaction, une strangulation (par exemple lors d’hernie) ou encore un infarctus. Pour le colon, les impactions sont fréquentes ainsi que les colites. Enfin, concernant le caecum, il peut être tympanique ou impacté également. Finalement, une colique est définie par sa durée et peut par conséquent être aigue avec moins de 36 heures de douleur, chronique avec plus de 36 heures ou récurrente si les coliques se représentent de façon régulière (Ragab., 2023). 

Symptômes les coliques

Les propriétaires de chevaux sont souvent au courant des signes que ceux-ci peuvent présenter lors de colique. La douleur abdominale se manifeste en effet par des changements comportementaux visibles : le cheval tourne en petits cercles, se couche et se relève sans cesse, se tape le ventre, se regarde les flancs, se roule ou encore se retrouve coincé sur le dos  (Rhodes and Madrigal, 2021). Les mâles peuvent avoir le pénis sorti sans uriner ou en urinant de faibles quantités. Les chevaux peuvent aussi jouer avec l’eau sans vraiment boire (Dukti, 2012; van Loon and Van Dierendonck, 2015; Constable et al., 2017; Mair and Sherlock, 2023; Talbot et al., 2023). Une position campée peut être observée. On peut aussi voir un gonflement de l’abdomen (Constable et al., 2017; Mair and Sherlock, 2023). Le premier réflexe en cas d’observation de ces symptômes est toujours d’appeler son vétérinaire. En effet, il s’agit d’une urgence vitale.  

Diagnostic  

Le vétérinaire réalisera un examen complet en urgence. Il prendra la fréquence cardiaque. Celle-ci augmente considérablement chez les chevaux douloureux. C’est un assez bon indicateur de la gravité du phénomène (Stashak, 1979; Dukti, 2012). Les muqueuses seront observées également. Elles doivent être roses, humides et avec un temps de remplissage capillaire après la pression au doigt sur la muqueuse de moins de 2 secondes. Chez le cheval en colique, elles pourraient être rouges, bleues, sèches etc (Constable et al., 2017; Rhodes and Madrigal, 2021). La transpiration est également fréquente avec des extrémités froides (Constable et al., 2017). Le vétérinaire auscultera aussi l’abdomen dans ses 4 quadrants, écoutant la force, la fréquence et la nature des bruits abdominaux. Chez un cheval en colique, ces bruits seront diminués voir absents. A l’inverse chez un cheval en diarrhée ils pourraient être augmentés (Constable et al., 2017; Rhodes and Madrigal, 2021; Mair and Sherlock, 2023). A la suite, il réalisera une palpation transrectale qui aidera à trouver la cause de la colique (Constable et al., 2017; Mair and Sherlock, 2023). Un sondage nasogastrique doit également être réalisé en routine, nous le détaillerons dans la partie traitement où il intervient aussi (Constable et al., 2017; Mair and Sherlock, 2023). La réalisation d’une échographie abdominale est, elle, plus réservée aux cliniques équines et permettra avec la palpation transrectale, d’identifier la cause de la colique  (Busoni et al., 2011; le Jeune and Whitcomb, 2014; Constable et al., 2017; Rhodes and Madrigal, 2021; Mair and Sherlock, 2023). Les vétérinaires de clinique feront aussi une prise de sang complète pour voir l’état d’hydratation notamment. Des radiographies sont prises dans certains cas particuliers afin de vérifier l’absence de sable dans le système digestif (sablose) qui peut également être une cause de colique.  

Traitement  

Un traitement médical à la maison est suffisant dans la plupart des cas. Cependant, certains cas plus avancés nécessiteront une hospitalisation. Le traitement médical comprend plusieurs approches : la mise à jeun, le mouvement, la réduction de la douleur, la restauration des fluides du corps, la lubrification gastrointestinale et enfin le traitement des maladies sous-jacentes. La mise à jeun est indispensable le temps que la colique passe. Puis la réalimentation sera faite progressivement. Le cheval sera aussi marché voir parfois trotté afin de stimuler le transit intestinal. Le réduction de la douleur se fera avec des anti-douleurs généralement peu puissants afin de ne pas masquer les symptômes ou avec des antispasmodiques. La restauration des fluides consistent à la pose d’un cathéter intraveineux et l’administration de fluides. Concernant la lubrification gastrointestinale, elle se fait par intubation nasogastrique. Le sondage nasogastrique sert aussi bien de diagnostic que de traitement. Il nous donne d’importantes informations. Il permet de vider l’estomac ce qui peut sauver la vie du cheval, celui-ci ne pouvant pas vomir et c’est par ce tube que l’on peut administrer de la paraffine ou des électrolytes afin de faciliter l’évacuation du contenu intestinal. Le traitement des maladies sous-jacentes est très variable. Par exemple des coliques causées par des ulcères à l’estomac seront traitées par l’administration de médicaments et une alimentation adaptée. Pour la sablose, il s’agira alors d’administrer du psyllium. Dans certains cas, tout cela ne suffit pas et une opération en urgence sera nécessaire pour traiter la cause de la colique (Dukti, 2012; Constable et al., 2017; Rhodes and Madrigal, 2021; Mair and Sherlock, 2023). 

Prévention  

Les coliques pouvant être mortelles, la prévention est par conséquent un point capital. Il est conseillé de réaliser un exercice régulier avec une limitation du temps passé au box, d’avoir une alimentation équilibrée avec du foin de bonne qualité (sans moisissure par exemple), d’avoir un accès à l’eau claire et fraiche à volonté à toute heure de la journée. En cas de changement d’alimentation, réaliser le progressivement sur environ 10 jours. Empêcher l’ingestion de sable ou de paille. Éviter par ailleurs les conditions stressantes comme par exemple les transports (faites des pauses régulières afin de permettre l’hydratation et l’alimentation), ou les températures extrêmes. Enfin, un monitoring vétérinaire régulier avec une vaccination, des soins dentaires et  un déparasitage est indispensable (Dukti, 2012; Constable et al., 2017; Rhodes and Madrigal, 2021; Mair and Sherlock, 2023).  

Colique et nutrition  

Comme mentionné plus haut, la nutrition joue un rôle majeur dans la prévention des coliques. Attention, les pratiques recommandées pour un type de colique ne sont pas forcément adaptées à un autre type (Hassel et al 2008). Un nutritionniste pourra donc vous aider dans la démarche. Malgré tout, chez certains chevaux à coliques récurrentes de cause non identifiée, des conseils généraux peuvent s’appliquer. La mise au pré est adaptée, il faut cependant se méfier du taux de fructanes dans l’herbe. Ceux-ci pourraient rejoindre le gros intestin et provoquer une fermentation. On choisira en complément un fourrage de bonne qualité en accès libre. Lorsque le cheval a des besoins plus élevés et nécessite un complément en énergie, on favorise des fibres hautement fermentescibles comme de la pulpe de betterave ou de la luzerne coupée. Si cela ne suffit pas à combler les besoins en énergie, on peut utiliser une quantité d’amidon très digestible (avoine par exemple) ou de l’huile végétale. Comme vous le remarquez, on évitera donc en général les aliments riches en amidon. Pourquoi ? Car cela risque alors de dépasser les capacités de digestion en amidon de l’intestin grêle. Cet amidon se rend alors dans le gros intestin où il fera l’objet d’une fermentation, comme pour les fructanes mentionnés ci-dessous. Cette fermentation produit du gaz et de l’acide lactique. L’acide lactique est délétère pour les bonnes bactéries intestinales. On préfère également de petits repas dispersés sur la journée à un gros repas afin de diminuer le taux de sucre par repas. Il existe sur le marché un bon nombre d’aliments riches en fibres et pauvres en amidon. Les aliments Hartog étant naturellement riches en fibres, de nombreux aliments de la gamme sont adaptés aux chevaux sensibles aux coliques. Si votre cheval a des besoins faibles en énergie, il est conseillé de fournir le Hartog compact gras comme fourrage de qualité avec le Hartog Essential qui est sans mélasse, céréales et avec un taux faible en sucre et amidon afin d’équilibrer la ration en vitamines, minéraux et oligoéléments. Si on contraire le cheval nécessite un complément en énergie, de par son travail par exemple, il sera judicieux de compléter le Hartog Compact Gras avec le Hartog Comfort qui présente les mêmes caractéristiques que le Hartog Essential mais contient en plus du fourrage brut. Il existe encore le Hartog Digest spécialement conçu pour soutenir le système digestif avec des postbiotiques, du magnésium, de la luzerne et de l’huile de lin. Certains compléments alimentaires peuvent également aider à la santé du microbiome tels que des probiotiques à base de saccharomyces ou de FOS. Notons que la réalimentation après des coliques chirurgicales est très particulière et sera gérée par la clinique de façon progressive (Geor, Harris and Coenen, 2013).  

Conclusion les coliques

Les particularités anatomiques, comportementales et physiologiques du cheval les amènent à être sensibles aux coliques. Celles-ci sont à prendre au sérieux. Il est important de les reconnaitre afin de pouvoir appeler le vétérinaire rapidement. Les coliques pouvant être mortelles. La plupart du temps elles passeront avec un traitement médical mais certains cas nécessitent une approche chirurgicale. Le mieux reste de prévenir cette pathologie notamment avec une alimentation adaptée.  


Busoni, V., De Busscher, V., Lopez, D., Verwilghen, D., Cassart, D., 2011. Evaluation of a protocol for fast localized abdominal sonography of horses (FLASH) admitted for colic. Veterinary Journal 188, 77–82.

Constable, P.D., Hinchcliff, K.W., Done, S.H., Gruenberg, W., 2017. Veterinary Medicine: A textbook of the diseases of cattle, horses, sheep, pigs and goats, 11th ed.. Elsevier, St. Louis, Missouri, pp. 436–528.  

Curtis, L., Burford, J.H., England, G.C.W., Freeman, S.L., 2019. Risk factors for acute abdominal pain (colic) in the adult horse: A scoping review of risk factors, and a systematic review of the effect of management-related changes. Plos One 14, e0219307.  

Dukti, S., 2012. Management of mild colic, in: Southwood, L.L. (Ed.), Practical guide to equine colic. Wiley, pp. 45–50. 

Erwin, S.J., Blikslager, A.T., Ziegler, A.L., 2021. Age-dependent intestinal repair: Implications for foals with severe colic. Animals 11. 

Geor, Raymond J., Patricia A Harris, and Manfred Coenen. Equine Applied and Clinical Nutrition : Health, Welfare and Performance.  

Hassel, D.M., Curley, T., Hoaglund, E.L., 2020. Evaluation of fecal sand clearance in horses with naturally acquired colonic sand accumulation with a product containing probiotics, prebiotics, and psyllium. Journal of Equine Veterinary Science 90, 102970. 

le Jeune, S., Whitcomb, M.B., 2014. Ultrasound of the equine acute abdomen. The Veterinary Clinics of North America. Equine Practice 30, 353–81, viii. 

Mair, T., Sherlock, C., 2023. Recurrent colic: Diagnosis, management, and expectations. The Veterinary Clinics of North America. Equine Practice 39, 399–417.   

Ragab, F., 2023. A review on equine colic: Etiology, differential diagnosis, therapy, and prevention. German Journal of Veterinary Research. 3. 1-12.  

Reeves, M.J., Salman, M.D., Smith, G., 1996. Risk factors for equine acute abdominal disease (colic): Results from a multicenter case-control study. Preventive Veterinary Medicine 26, 285–301. 

Rhodes, D.M., Madrigal, R., 2021. Management of colic in the field. The Veterinary Clinics of North America. Equine Practice 37, 421–439. 

Salem, S.E., Scantlebury, C.E., Ezzat, E., Abdelaal, A.M., Archer, D.C., 2017. Colic in a working horse population in egypt: Prevalence and risk factors. Equine Veterinary Journal 49, 201–206. 

Stashak, T.S., 1979. Clinical evaluation of the equine colic patient. The Veterinary Clinics of North America. Large Animal Practice 1, 275–287. 

Stratic`o, P., Varasano, V., Palozzo, A., Guerri, G., Celani, G., Revelant, O., Petrizzi, L., 2022. Retrospective study on risk factors and short-term outcome of horses referred for colic from 2016 to 2022. Veterinary Sciences 9. 

Talbot, S.E., Tallon, R., Dunkel, B., 2023. Clinical presentation and outcome of gastric impactions with or without concurrent intestinal lesions in horses. Journal of Veterinary Internal Medicine 37,1544–1551. 

van Loon, J.P.A.M., Van Dierendonck, M.C., 2015. Monitoring acute equine visceral pain with the Equine Utrecht University Scale for Composite Pain Assessment (EQUUSCOMPASS) and the Equine Utrecht University scale for facial assessment of pain (EQUUSFAP): A scale-construction study. Veterinary Journal 206, 356–364. 

Worku, Y., Wondimagegn, W., Aklilu, N., Assefa, Z., Gizachew, A., 2017. Equine colic: clinical epidemiology and associated risk factors in and around Debre Zeit. Tropical Animal Health and Production 49, 959–965. 

 

 

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