En matière de nutrition équine, un élément constitue toujours la base d’une alimentation équilibrée : le fourrage. Les chevaux sont des animaux naturellement pâturants, évolués pour manger de petites quantités de matières végétales fibreuses tout au long de la journée. Fournir un fourrage de qualité en quantité suffisante soutient la digestion, la santé intestinale et le bien-être général.
Dans cet article, nous expliquons ce qu’est le fourrage, la quantité nécessaire pour un cheval, quand les substituts de fourrage peuvent être utiles et comment ajouter des mélanges de fourrage aux aliments concentrés.
Qu’est-ce que le fourrage ?
Le fourrage désigne des aliments riches en fibres qui constituent la plus grande partie de l’alimentation d’un cheval. À l’état sauvage, les chevaux pâturent jusqu’à 16 heures par jour, consommant des herbes et autres plantes naturellement riches en fibres.
Types courants de fourrage :
- Herbe de pâturage
- Foin
- Enrubannage ou ensilage
- Granulés ou cubes de fourrage
Contrairement aux aliments concentrés, le fourrage contient beaucoup de fibres structurales et relativement moins d’énergie. Ces fibres sont essentielles car elles sont fermentées dans le côlon du cheval par des micro-organismes bénéfiques. Ce processus produit des acides gras volatils qui couvrent une part importante des besoins énergétiques du cheval (National Research Council, 2007).
Un apport adéquat de fourrage est crucial pour :
- Maintenir une motilité intestinale saine
- Soutenir le microbiome du gros intestin
- Encourager la mastication et la production de salive
- Réduire le risque de problèmes digestifs tels que coliques et ulcères gastriques (Harris et al., 2017)
Quelle quantité de fourrage un cheval a-t-il besoin ?
Les recommandations scientifiques indiquent que les chevaux devraient recevoir au moins 1,5 à 2 % de leur poids corporel en fourrage par jour (base matière sèche) (NRC, 2007 ; MSD Veterinary Manual).
Exemple :
Un cheval de 500 kg nécessite environ 7,5 à 10 kg de fourrage par jour.
La quantité exacte dépend de plusieurs facteurs :
- Poids corporel
- Charge de travail et niveau d’activité
- Âge et statut physiologique (croissance, gestation, lactation)
- Qualité du fourrage
- Les chevaux peu actifs peuvent se contenter de 1,5–2 % de leur poids corporel en fourrage, tandis que les chevaux de performance reçoivent souvent du fourrage combiné à des aliments concentrés pour répondre à leurs besoins énergétiques plus élevés.
Un apport suffisant en fourrage favorise non seulement la digestion, mais satisfait également le besoin naturel de ronger et de brouter tout au long de la journée.
Substituts de fourrage : quand sont-ils nécessaires ?
Bien que les sources traditionnelles telles que le foin ou l’herbe soient idéales, il existe des situations où des substituts de fourrage peuvent être utiles :
- Qualité du fourrage faible
- Réduction de la poussière ou des moisissures
- Problèmes dentaires chez le cheval
- Besoin supplémentaire de fibres digestibles
Exemples de substituts :
- Granulés ou cubes de fourrage
- Pulpe de betterave
- Mashes riches en fibres ou mélanges de fourrage
La pulpe de betterave, par exemple, est largement utilisée car elle fournit des fibres très digestibles qui soutiennent la fermentation intestinale tout en fournissant une quantité modérée d’énergie (Jansson & Lindberg, 2012). Ces produits doivent idéalement compléter le fourrage traditionnel, et non le remplacer totalement, sauf avis d’un vétérinaire ou d’un nutritionniste équin.
Ajouter un mélange de fourrage aux aliments concentrés
De nombreux propriétaires ajoutent un mélange de fourrage à l’aliment concentré. Cette stratégie présente plusieurs avantages :
- Augmente le temps de mastication
- Stimule la production de salive
- Ralentit la prise alimentaire
- Soutient la santé de l’estomac et des intestins
La salive joue un rôle important dans le tamponnement de l’acide gastrique, ce qui peut réduire le risque d’irritation gastrique (Ellis et al., 2010).
Conseils pratiques :
- Proposer le fourrage avant le concentré
- Mélanger les fibres hachées ou les produits de fourrage avec l’aliment concentré
- Ajuster le ratio fibres/concentré selon les besoins énergétiques du cheval
Pour les chevaux sujets à la prise de poids ou aux troubles métaboliques, augmenter les fibres tout en réduisant l’amidon est particulièrement bénéfique.
Conclusion
Le fourrage est la pierre angulaire de la nutrition équine et doit constituer la plus grande partie de l’alimentation de chaque cheval. Fournir suffisamment de fourrage de qualité soutient la digestion, favorise les comportements naturels et réduit les risques sanitaires. Lorsque les sources traditionnelles sont limitées ou inadaptées, les substituts et les mélanges riches en fibres peuvent offrir un soutien précieux. Cependant, une stratégie de nutrition équilibrée place toujours le fourrage au centre de la ration.
Références
- Nutritional Requirements of Horses and Other Equids – MSD Veterinary Manual
- Nutrient Requirements of Horses – National Research Council (NRC), 2007
- Feed Requirements of Horses – Agriculture Victoria
- The Nutritional Requirements of the Horse – IFCE Equipedia
- Nielsen, B.D. (2008) – Nutrient Requirements of Horses: Changes incorporated into the 2007 Horse NRC
- National Research Council (2007) – Nutrient Requirements of Horses: Sixth Revised Editio
- Harris, P.A., Ellis, A.D., Fradinho, M. et al. (2017) – Review: Feeding conserved forage to horses: recent advances and recommendations
- Jansson, A. & Lindberg, J.E. (2012) – Metabolic response to dietary fibre composition in horses
- Ellis, A.D. et al. (2010) – Biological basis of behaviour in relation to nutrition and feed intake in horses